IA, Mère incontestée de l’Innovation ?


Publié le 17 juillet 2018


On nous persuade que l’Intelligence Artificielle va être source ininterrompue d’innovations. Ces derniers mois, l’engouement s’est accéléré : en témoigne le succès de la consultation nationale sur l’Intelligence Artificielle lancée par Cédric Villani, éminent mathématicien et parlementaire en mission pour le Premier Ministre. Mais, si cette révolution technologique remplace les emplois comme beaucoup le craignent, elle pourrait déstabiliser les organisations et rendre les stratégies de transformation numériques « laborieuses ».


Jean-Philippe Courtois, VP de Microsoft, à la suite de la publication d’une communication de l’institut Mc Kinsey, dit en substance qu’ « à l'ère de l'automatisation et de l'IA, il est plus important que jamais de communiquer avec les équipes. Qu’un manager a la responsabilité de faire tomber les préjugés et les freins afin que les équipes soient prêtes à travailler avec la technologie, car les rôles continuent de changer et de nouvelles compétences seront requises ».


Prenant la mesure de l’écueil, les analystes se penchent sur l’art et la manière de rendre les technologies IA « appropriables », voire désirables, par les collaborateurs, en entonnant, sur un thème désormais bien connu, « les enjeux de la transformation digitale ».

L’IA n’est pas une voie assurée pour créer de l’innovation, à cause du facteur Humain.


Si l’on célèbre aujourd’hui plutôt l’innovation qui jaillit ex nihilo dans notre « effervescente start-up nation », on ne doit pas pour autant en oublier le processus d’innovation dans des entreprises déjà établies. Dans ce dernier cas, la nouveauté repose sur la volonté d’investir des dimensions jusqu’alors inexploitées en prenant grand soin de s’appuyer sur ses Savoir-Faire Réellement Acquis.


Mais, dans tous les cas, l’expérience nous a appris que le facteur Humain peut avoir une grande part de responsabilité dans les échecs ou les succès de ces aventures d’innovations. 


Or, si l’IA n’est pas perçue comme une alliée par le personnel mais plutôt comme une menace, il est évident que des phénomènes de résistance au changement vont enrayer la belle mécanique du progrès attendu.


Avec l’IA, tout serait modélisable et la machine auto-apprenante pourrait ainsi prendre le relais de l’action humaine. Qui a dit que si on reproduisait deux fois de suite la même tâche, on commencerait à programmer l’enterrement de son poste ? Quand l’IA rogne l’autonomie et la sécurité de l’emploi, il ne faut pas être grand clerc pour prévoir chez les employés perte de motivation et de confiance en eux et en l’organisation ... L’IA pourrait aboutir à un renoncement à la pensée, l’homme pourrait devenir un simple agent d’application (voire disparaître même dans le cas de postes à valeur ajoutée) … Développer ce genre de scénario, c’est entrer dans un roman de science fiction de série B… Ainsi, développer l’Intelligence Artificielle sans discernement et de manière débridée doit être proscrit de toutes nos forces !


Qui ne caresserait pas le rêve d’un coach bienveillant et pédagogue qui délivrerait à ses « protégés » une « intelligence (chaque jour) augmentée » ?


Ça, c’est un autre épisode de l’Histoire …