Le Saas pèse 15% du marché du logiciel ... Seulement ?

   

Les ventes de logiciels hébergés représentent 15% du marché global des logiciels dans l'Hexagone, 12% l'an dernier, d’après IDC. La part des applications vendues en mode SaaS devrait représenter 3,5 Md€ de chiffre d'affaires d'ici cinq ans. Toujours selon IDC, le marché français du SaaS va clôturer 2017 sur un chiffre d'affaires d'1,93 Md€, progressant ainsi de 39% par rapport à 2016. D'ici 2021, ses revenus devraient donc atteindre 3,5 Md€, à la faveur d'une croissance annuelle moyenne de 16%.


Cela paraît étonnamment peu, au regard des avantages apportés par la flexibilité des solutions hébergées.


Mais les éditeurs et les utilisateurs ne détiennent qu’une partie de la réponse … 


Bien évidemment, le SaaS a obligé les éditeurs préalablement installés à repenser leurs offres et leur modèle économique. Et bien souvent à gérer la coexistence des deux modèles, « on premise » et « on demand » … Ce qui ne se fait pas sans peine. Les « pure players » quant à eux sont plus libres de leurs mouvements, ce qui explique qu’ils soient majoritaires dans les nouveaux usages liés, par exemple, aux réseaux sociaux.[i]


Dans tous les cas, ces mêmes éditeurs doivent également construire une chaîne de valeur nouvelle où la mise en œuvre de l’infrastructure est loin d’être chose aisée : les serveurs, les bases de données et les liens réseaux doivent absolument … « exister » et être optimisés afin de procurer les niveaux d’accessibilité, de disponibilité et de performance souhaités.


Mais n’oublions pas que :


1 – d’abord, la France est confrontée à un retard persistant d’Aménagement du Territoire, de l’existence d’Internet et, donc, de l’accessibilité au Cloud en tout point. Ce qui reste très préjudiciable à « l’égalité de traitement ». Une irrigation de l’intégralité du territoire « en Internet » est une obligation faite aux opérateurs qui peine à devenir réalité. Le dernier rapport de l’Arcep pointe en décembre 2017 sur un rythme de déploiement des réseaux (fibre et 4G) en baisse. [ii] Il souligne clairement le retard de la France par rapport à ses voisins européens. Plus que jamais, nos citoyens et entreprises doivent pouvoir compter sur des Opérateurs qui investissent efficacement et une Puissance Publique qui réussit à mobiliser tous les outils à sa disposition pour garantir un maillage réel et cohérent de l’ensemble du territoire. [iii]


2 – ensuite, les technologies Cloud et SaaS nécessitent de stocker des données, de plus en plus nombreuses, dans des Data Centers de plus en plus performants et sécurisés. Pour preuve, Microsoft, mettant Azure, son Cloud, comme l’une de ses priorités stratégiques, vient d’investir en France dans deux Data Centers, l’un dans le sud-est, l’autre en région parisienne. Une autre preuve, Salesforce, le leader mondial du « CRM dans le Cloud », vient, lui aussi, d’investir dans des Data Centers « hexagonaux » …


La Chaîne Vertueuse est établie : le SaaS / Cloud est éminemment souple et porteur de valeur pour les collectivités tant publiques que privées, mais il n’y a pas de Cloud sans Internet, pas d’Internet sans un Aménagement du Territoire volontaire des Pouvoirs Publiques. Le tout ne pouvant exister qu’avec des Data Centers de plus en plus performants et de proximité, pour des raisons réglementaires et de sécurisé.


Au fait, qu’est devenu le « Cloud Souverain » ?


Désormais, les raisons pour lesquelles le SaaS / Cloud n’est pas plus développé en France sont connues.


Reste à espérer …


Plus prosaïquement, CBC DEVELOPPEMENT a, depuis plusieurs années déjà, su prendre le virage du SaaS / Cloud : toutes ses solutions technologiques ont brillamment réussi leur mutation, pour certaines, leur naissance, pour d’autres.



[i] Six typologies de logiciels sont déjà commercialisées à hauteur de plus de 50% dans le cloud : Partage de fichiers, logiciels pour le marketing, réseaux sociaux d'entreprise, web conférence, messagerie et gestion de contenus persuasifs. https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-le-marche-du-saas-francais-pese-1-9-mdeteuro-70068.html?utm_content=bufferdc57e&utm_medium=social&utm_source=linkedin.com&utm_campaign=buffer


[ii] https://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/rapport-GRACO-2018_dec2017.pdf


[iii] On annonçait justement le 14 janvier dans la presse, au sujet de la couverture Internet et mobile, bientôt la fin des « zones blanches ». Au terme d'une discussion de six mois, le ministre de la Cohésion des Territoires aurait convaincu Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom d'investir plus de 3 milliards d'euros pour améliorer la couverture. Mais combien sont prêts à accepter l'implantation des antennes nécessaires ? (15 000 antennes, semble-il ?). Espérons que les autorités publiques soient un peu directives en la matière pour achever le réseau …