Une Algorithmie pour le Partage des Profits ?


Publié le 4 juillet 2018


Le 14 mai dernier, a eu lieu la publication du rapport de l’ONG OXFAM intitulé : « CAC 40, des Profits SANS partage » qui fait le portrait tranché d’actionnaires recevant de généreux dividendes, laissant les salariés « se contenter de miettes » et pénalisant les investissements.

Mais, imaginons ensemble …


À cette occasion, je n’ai pas pu m’empêcher de rêver à une algorithmie magique qui saurait, sans parti pris politique, « bien » partager les profits réalisés entre la rémunération du capital, celle du travail et l’investissement nécessaire pour le « bien-être » de l’entreprise.


Ainsi, on se surprend à rêver d’un individu « miracle », voire « iconoclaste » qui assumerait deux rôles, celui du client, par exemple, et celui de l’actionnaire ... Mais, ne s’agirait-il pas des organisations mutualistes et coopératives (à différencier des organisations corporatistes) où le client est « sociétaire » et où ces questions de partage de profits sont, depuis longtemps déjà, abordées de manière fondamentalement différente ?


Le Sociétaire, vecteur de synthèse …


En effet, les questions autour du capital, donc de sa rémunération, y sont apaisées.


Le « sociétaire » qui endosse ces deux costumes est plus à même, en tant que client et capitaliste, d’être vecteur de synthèse.


Dans d’autres temps qui connaissaient moins de ruptures, les banques mutualistes et coopératives (Banque Populaire, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, …), en ont tiré un taux de développement plus élevé que les banques dites inscrites. Le client actionnaire, fidélisé, (rendu) plus mature, entretient avec l’Entreprise et les Salariés des relations plus constructives, voire plus fructueuses. Ce concept de « client capitaliste impliqué » n’est pas majoritaire. Seuls des acteurs du secteur bancaire l’ont propulsé sur le devant de la scène … enfin, surtout le Crédit Mutuel … Pour la Banque, on pourrait dire qu’il s’agit d’un concept « trois en un » : le client devient en même temps sociétaire (un individu, une voix …), épargnant et/ou emprunteur. Belle synthèse, en effet !


Modèle Mutualiste et modèle Participatif …


Il m’a toujours paru regrettable que ce modèle n’ait pas été plus et mieux promu. La seule chaire d’enseignement d’économie mutualiste qu’il m’ait été donnée de connaître, a été celle de l’université de Sherbrooke au Canada (le terroir des Caisses Desjardin). Rien ne semble avoir été fait dans notre hexagone. Si cela a été le cas, la manière a été pour le moins discrète … Quel dommage …


En revanche, les français ont bien pris le train du financement participatif : le crowdfunding européen a même ses racines en France, lorsque en 1999, le réseau Tela-botanica est créé grâce aux micro-financements des botanistes français. Les plateformes d’equity ou prise de participation connaissent un vrai succès, aux côtés des plateformes de lending (prêt participatif) ou de don.

Ces porteurs de capital sont-ils moins pressants que les actionnaires traditionnels ?


Pour qui gère ou a géré une entreprise, il est très souvent « délicat » de concilier des objectifs et/ou des impératifs de court, moyen et long termes. Alors qu’un apporteur de capital reste traditionnellement aux aguets de la rémunération de son investissement. Il a ainsi tendance à vouloir privilégier la rentabilité financière à court terme, lors des débats … en Conseil d’Administration … D’ailleurs les « Business Angels » sont clairement segmentés : amorçage, introduction en bourse, … Pour ce qui est de la Bourse, on compte bon nombre d’entreprises qui y sont entrées et qui en sont aussi sorties … car l’investisseur ne se donne qu’au plus offrant et la seule manière de le fidéliser – augmenter et stabiliser ses fonds propres – est de lui offrir une rémunération plus attrayante.


D’une manière plus générale, un entrepreneur, par exemple, ne peut que très rarement réussir s’il est « mono-maniaque », porteur d’une seule plus value spécifique, même hors du commun, mais totalement déconnectée des autres dimensions indispensables du management. Peut-on imaginer une entreprise composée d’individus uniquement « centrés » sur leur spécialité ?


Prendre une décision semblerait relever de l’exercice de la synthèse.


Mais ça, c’est une autre histoire …